Oct 23, 2012

Dream City

Parfois, on s’y prend un an à l’avance. Tout est prêt, planifié, on doit arriver le 1er Juin à 00h40 à l’aéroport de Bamako. Mais non. Le foie fait des siennes, le djihad aussi. On annule tout. D’autres fois, on n’a rien prévu, on est là par hasard. On pensait boire une citronnade, tranquille, dans le parc du Belvédère. Mais non…

 

La ville est sale, les gens sont inquiets. Le printemps arabe est déjà dans les livres d’Histoire mais les fruits peinent à mûrir. À la fenêtre, un jasmin et un citronnier. Depuis un an, on ne prend plus le temps de s’arrêter pour frotter les feuilles entres ses doigts. Les questions cherchent des réponses, les gens cherchent du travail. C’est l’incertitude et chaque pas en avant peut entraîner deux pas en arrière. Au nord de la ville, dans leurs bureaux de l’Ariana, l’équipe de l’association l’Art Rue se tue à la tâche afin de boucler l’organisation d’un festival à la hauteur de l’enjeu. Bâillonnées pendant des décennies, toutes les voix du pays se mettent soudain à crier ensemble. Ceux qui crient le plus fort veulent imposer leur tonalité aux autres et comme toujours, celui qui ne sait pas chanter a besoin d’aide. La tierce et la quinte peuvent exister ensemble, c’est la conviction de Selma et Sofiane, les organisateurs du festival Dream City.

 

Le principe est le suivant, 41 oeuvres d’arts sont réparties dans la médina de Tunis. Parmi elles, des installations, de la danse, des comédiens, des films, des lectures… Elles ont toutes été conçues en fonction du lieu dans lequel elles sont présentées. En découvrant les œuvres, vous découvrirez la vieille ville. Certes, le plan est un peu compliqué mais on a mis des flèches pour vous aider. De toute façon vous allez vous perdre. Là, vous serez bien obligés de demander votre route au menuisier, au marchand de mléouis ou à cet homme qui se presse pour arriver à la mosquée. Les œuvres vous raconteront une histoire, les lieux vous en raconteront une autre, les gens vous raconteront l’inverse et à la fin vous saurez transformer ces dissonances en accords majeurs.

 

 

Pendant trois semaines, j’ai vécu avec les personnes qui portent ce projet. J’ai partagé leurs aventures, leurs repas légers et leurs nuits si courtes que je me suis souvent demandé d’où descendait leur impressionnante vitalité. Dans les rues étroites de la médina, j’ai reçu une formation accélérée d’arabe, d’art in-situ, de logistique, d’urbanisme, de recettes de jus de fruits, de conflits sociaux, de jeunesse, de doutes, de bénévolat, de justesse, d’humilité et de voyages en touk-touk. Mais s’il y a bien une chose que j’ai comprise là-bas, c’est que je suis loin de comprendre ce qui s’y passe. C’est pourtant juste sous mes yeux. Expliquez-moi encore.

 


Sommaire :

 

1) Sur la route de Carthage
2) Selma
3) Ils travaillent
4) Petite leçon de prononciation à l’usage des touristes
5) L’homme ouvert
6) L’ambassade Américaine
7) La différence 

8) Sofiane I

9) Le capitaine et la nourrice 

10) Les thermes d’Antonin de Carthage

11) Le ministre et le café

12) Sofiane II

13) Dire merci

14) Dire au revoir

 
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Lavomatic tour

Prochaine étape à Rouen :
Le 11/09/2018 à 19h
Prochaine étape à Rennes :
Le 06/09/2018 à 19h00
Prochaine étape à Pays de Combourg :
Le 08/06/2017 à 19h

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