Juin 21, 2019

Rwanda

Au mois de Mars, j’ai accompagné une classe de 1ere STMG du lycée Thierry Maulnier de Nice, dans un voyage au Rwanda consacré à l’étude du génocide des Tutsis, perpétré entre Avril et Juillet 1994. Depuis le mois de Septembre, ces 20 adolescents ont été sensibilisés à cette histoire – et aux questions complexes qu’elle soulève – par cinq professeures qui mènent depuis 5 ans un projet exemplaire baptisé « Mémoire et Avenir ».

 

Claude, Floriana, Muriel, Dominique et Bénédicte – ce sont leurs prénoms – m’ont demandé d’accompagner leurs élèves dans l’écriture d’un carnet de voyage individuel qui puisse refléter l’intensité de leur expérience. J’ai rencontré les adolescents directement à Kigali, au premier jour de notre périple. Pendant une semaine, j’ai tenté de partager avec eux mon expérience glanée au moyen-orient. Comment poser le regard sur ce que l’on ne connait pas ? Comment aborder une tragédie qui n’est pas la sienne ? En somme, comment écrire un carnet de voyage…

 

Au retour, j’ai fait ce montage de leurs différents écrits pour raconter le voyage de manière polyphonique. En introduction, je vous propose ce clip réalisé par JP Canova et HK, à l’issu d’un autre atelier d’écriture qu’ils ont menés avec les élèves, à Nice. Bonne lecture, bon voyage.

 


 

 

JOUR 1

 

Premières impressions

 

KHEIRA «  Aujourd’hui, je suis à Kigali, au Rwanda. Je me sens privilégiée de pouvoir étudier cette histoire en détail.»

 

CARLA « Les profs nous ont dit qu’il n’y aurait pas souvent de la wifi mais moi je trouve ça plutôt cool, ça va tous nous faire sortir de notre zone de confort. »

 

PENDA « J’ai bien réfléchi et je me suis dit que ce voyage nous permet de mieux nous connaître, apprendre beaucoup de choses et d’accepter la réalité. »

 

YASMINE « Notre chauffeur est un rwandais. Difficile d’échanger ou de communiquer avec lui. Il a failli laisser Mme Blanc à l’aéroport puisqu’il a démarré sans elle. Il commence bien celui ci. »

 

SANDRA « Le premier abord que j’ai eu avec les personnes d’ici était négatif. J’avais l’impression qu’ils nous aimaient pas. J’ai fait l’erreur de les filmer sans faire spécialement attention à lui, il m’a crié dessus. »

 

YOUNES « L’accueil des gens, ça m’a choqué. Ils étaient grave sympas. La mentalité européenne, c’est genre tous des connards. Là, c’est différent. »

 

MATHILDE  » est dans le mini bus, musique à fond, je vis ma meilleure vie ! T’inquiètes pas, j’ai pensé à mes plus belles tenues pour les plus belle photos. »

 

Le mémorial de Kigali

 

RAYAN « On a suivi l’exposition en groupe, avec les profs, les guides, Elie et les caméramans. On prenait toute la place. »

 

ENZO « Les touristes américains étaient en colère parce qu’on leur bouchait la vue. Ils ont insulté Bernard mais on a appris plein de choses. »

 

CHAHIDA « J’ai appris que même les tutsis riaient en entendant les blagues sur eux, à la radio. Hier, si on avait fait une blague sur ma couleur de peau j’aurais rigolé mais plus maintenant ! »

 

PENDA « On voyait des affiches expliquant les différentes raison de la mort des enfants : « Tué à la machette. » « Jeté contre le mur. »

 

MAEL « Mort dans les bras de sa mère. 

 

CASSIA « Brûlé. »

 

DALILA « J’ai lu un témoignage qui m’a beaucoup perturbé : »

 

MAEL « Mon voisin était en prison parce qu’il a tué mon mari. Dans les juridictions Gaçaça, il a révélé où deux de mes six enfants avaient été jetés. J’ai eu les restes des corps de mes enfants. Ce voisin m’a demandé pardon. Je l’ai remercié pour avoir dit la vérité. »

 

DALILA « Après avoir lu ça, je ne comprenais plus rien. Pourquoi le remercier ? Il a tué tous ses enfants. Et puis j’ai lu : »

 

RAYAN « Il n’y aura pas d’humanité sans pardon. Mais la justice sera impossible sans humanité. »

 

DALILA « Cette phrase m’a beaucoup fait réfléchir mais elle avait raison. Le pardon est essentiel pour pouvoir passer à autre chose. Mais comment pardonner ça ? J’en sais rien. »

 

YOUNES « La question que je me pose, c’est : « Comment on fait pour en arriver là ? » Faut être naïf. Après, je comprends la naïveté. C’est l’effet de groupe. »

 

PENDA « Ensuite, on est aller déjeuner au restaurant « Fantastic Restaurant ». Il n’était pas aussi fantastique que ça. »

 

Le mémorial des casques bleus

 

CHAHIDA «Le fait de voir les impacts des balles m’a énormément impressionné. J’ai l’impression qu’une vague bouillante arrive et heurte mon cœur. »

 

MATHILDE« Je t’écris un secret mais pour moi c’était rien qu’une façade avec des trous. »

 

CHAHIDA « Jean a dit : « Souvent, c’est le mauvais qui grandit le plus vite. »

 

NAOMIE « A côté de ce camp, on pouvait entendre de la musique, il y avait sûrement une fête. C’est dommage que des fêtes soient organisées à côté du camp, car lorsque Jean, notre guide du mémorial, nous racontait l’histoire, on pouvait entendre la forte musique de la fête. »

 

JOUR 2

 

Hors de la ville

 

CHAHIDA « Aujourd’hui, on change de monde. On est sorti d’en ville.»

 

RANIA « Brouillard, maison atypique rwandaise… »

 

MAEL « Enfant qui travaille, mosquée, bananier…»

 

RANIA « Asiafrique, belle vie sans wifi, vert, jaune, bleu… »

 

ENZO « Arbre fin, maison en tuile… »

 

KHEIRA « J’ai aussi vu sur la route un homme allongé en position de cadavre, tout maigre. Ma première pensée était qu’il était mort. »

 

MATHILDE « J’aime trop les prendre en photo on peut croire que je l’ai prend pour des bêtes mais rien à voir. Juste ils sont tellement beau »

 

SANDRA« Je voudrais revenir sur mon avis sur les rwandais : en fait, ils sont très gentils et avenants. »

 

SAMANTHA « Il y avait le rayon de soleil qui arrosaient les feuilles vertes des arbres et c’est ce qui les rendait plus éclatantes. L’odeur de l’air et de l’humidité me renvoyaient directement dans un mood coocooning. Les nuages étaient bien définis. Le brouillard a créé un filtre transparent sur ce milieu de nature. Ses particules se déplaçaient dans l’air de façon à embellir le paysage sans le cacher, dans la direction opposée où se dirigeait le bus. J’ai profité de ce spectacle durant tout le trajet en laissant toutes mes pensées derrière moi. »

 

KIMBERLY« Quand je vois les visages de ce peuple en paix je me demande comment font-ils pour vivre avec leur bourreaux. »

 

YASMINE« Les génocidaires vivent avec eux. Il s’agit de leur voisin ou leur médecins. Certains ne sont pas encore jugés que ce soit dans les tribunaux typiques ou les gaçaças. »

 

AGATHE « Une journée ensoleillée ne veut pas dire que tout le monde est heureux. Le soleil brille mais les larmes coulent lorsque l’on observe et que l’on voit la mort qui a souillé de si belles terres. »

 

Mémoriaux de Ntarama et Nyamata

 

DALILA « À Nyamata et Ntarama, les habitants du village se sont réfugiés dans l’église »

 

SANDRA « Pourquoi une église ? Car à la base, c’est un lieu où on ne tue pas dedans. J’ai bien dit « à la base ».

 

DALILA « Certains se sont mis à prier la vierge Marie. Ils sont morts en priant. Lors du massacre, la vierge a été brisée avant de ramasser tous les corps. J’en ai pleuré. »

 

PENDA « Près de 5000 personnes ont été tuées. On y voyait des tas de vêtements sales, déchirés, et le pire c’est qu’on sentait une odeur… »

 

YASMINE « Au deuxième mémorial, j’ai l’impression de toujours voir la même chose. Des vêtements et des ossements. Je ne dirai pas que c’est une habitude mais ça ne choque plus. »

 

MATHILDE « Quand je vois tous les ossements ensemble, ça ne me fait trop rien. Mais quand elle a ouvert la tombe, là, mes yeux et mes pieds ont courus pour fuir ! »

 

KENZA « Tu le sais, je n’aime pas pleurer devant les gens. Quand j’ai réussi à m’arrêter, je suis re-rentrer car je suis venu dans ce pays, ce n’est pas pour rien. En fait, il y avait une genre de fosse avec des escaliers. Je t’avoue que je ne voulais pas descendre mais Rania m’a motivé. Plus je descendais plus ma respiration s’accélérait. Après avoir tout descendu, je ne gérais plus rien, je ne marchais pas droit. J’ai commencé à paniquer, je n’arrivais pas bien à respirer. J’ai cru mourir. Cela restera gravé dans ma tête. »

 

PENDA « J’ai aussi préféré retourné dans le mini-bus. Je ne voulais pas rencontrer la survivante très courageuse qui a reçu un coup de machette sur la tête sinon j’allais péter un câble. »

 

CASSIA « Il s’agissait de Jacqueline, une rescapée du génocide. Elle avait trois cicatrices. »

 

DALILA « Elle nous les a montré en les caressant une par une. »

 

MATHILDE « Quand elle parlait je l’écoutais a moitié et je me demandais : « Et moi j’aurais fait quoi a sa place ? » et « Comment j’aurais réussi à continuer a vivre sans personne de ma vie ? »

 

MAEL « Si on m’avait prévenu ce qu’on allait voir, je ne serais sans doute pas venu dans ces endroits qui n’évoquent que le mort. »

 

YASMINE « Quelqu’un a dit : « Le mémorial est comme ma maison. »

 

PENDA « Apparemment, le mémorial que l’on va visiter après-demain sera encore pire. J’irai surtout pas le voir, même pas en rêve !  »

 

Au lycée français de Kigali

 

KIMBERLY « Dès que nous sommes arrivés dans le lycée francophone de Kigali, toute ma tristesse s’est estompée. »

 

DALILA « Ils parlaient mieux français que nous. »

 

PENDA « On devait se mettre en cercle pour faire connaissance avec les élèves mais je suis tellement timide que j’osais même pas parler avec l’élève qui était à côté de moi. Parfois, ça me saoule d’être autant timide. »

 

LUCIE « Ils m’ont dit qu’ils n’y avait plus la différence Hutus et Tutsis. »

 

NAOMIE « J’ai rencontré Atélé, elle a 18 ans. Nous avons discuté de plein de choses, comme le fait que ses parents habitaient en république démocratique du Congo lors de sa naissance. Un point commun avec moi puisque je suis originaire du Congo. J’ai pris une photo avec elle et j’ai aussi pris son nom sur Snap pour pouvoir rester en contact avec elle même en France. »

 

SANDRA « Elle ne me l’a pas dit mais je sais que ses parents étaient tutsis. Elle ne me l’a pas dit car elle n’a pas le droit. C’est le nouveau président qui a mis cette loi en place : plus d’ethnie, que des rwandais. »

 

DALILA « Une des élèves m’a appris que dans la vie, malgré les galères qui nous croisent il ne faut jamais abandonner, jamais baisser les bras. Elle avait pour objectif de devenir une grande actrice hollywoodienne. Elle avait de bonne notes, un bon comportement, sa seule crainte c’était de ne pas obtenir le visa. »

 

MATHILDE « J’ai demandé à une fille de me parler du génocide : « Il n’y a aucun souci ! Mes parents sont rescapés, leur vie fait partie de la mienne ça me concerne aussi, tu sais quand on est enfants de rescapée on est nous aussi des rescapées » Je l’ai regardée en souriant bêtement. Je ne savais même pas quoi lui répondre, comme une courge. »

 

NAOMIE « Avec Atélé, on s’est dit au revoir. J’ai pas pu retenir mes larmes. Ca m’a fait bizarre de pleurer pour quelqu’un que je connais à peine. Le soir, je regardais à chaque fois la photo de moi et Atélé que j’ai mis sur mon fond d’écran de téléphone. »

 

Au cabaret

 

SAMANTHA « Le soir on est allé dans un cabaret. On a dansé, chanté et beaucoup rit. Nos tables étaient réunies afin de n’en faire qu’une. Il y avait beaucoup Aya Nakamura et on a beaucoup snappé. C’était plutôt cool. »

 

JOUR 3

 

Ruhango

 

SANDRA « Il est 6h49, le soleil m’ébloui, je suis obligée de froncer les sourcils pour regarder dehors. J’écoute la musique tête sur la fenêtre sur la route il y a des bosse, ma tête fais que de se cogner ça gave. »

 

DALILA « Nous avons pris la route pour Ruhango, là où se situe la pierre de l’amour. Selon la légende, si tu touches la pierre en faisant un vœu, ce vœu se réalisera. Ce que je fis de ce pas. (J’aurais grandement besoin d’un coup de pouce niveau amour.) »

 

PENDA « Elie qui était juste à côté de moi, m’a demandé si il pouvait lire quelques extraits de mon carnet de voyage. Je lui passe mon téléphone et après sa lecture, il me dit « Tu es très honnête dans ce que tu dis, tu écris super bien, pas une seule faute d’orthographe. » Bref, plein de choses positifs. Je ne m’y attendais pas du tout. Il m’a proposé de le lire devant les autres ce soir mais comme je suis timide, j’ai préféré que ça soit lui. »

 

Nyanza, le palais du roi

 

YASMINE « Nous sommes allés à Nyanza pour visiter le palais du roi. C’était construit par de l’herbe et du bambou. Les cloisons sont tissées de manière à ce que les personnes de l’extérieur ne voient pas à l’intérieur mais celles de l’intérieur voient à l’extérieur. »

 

DALILA « J’ai appris que la reine n’avait pas la même entrée que le roi. Déjà, j’ai trouvé ça sexiste. Puis je me suis dit qu’en fait je n’aurais jamais été reine au Rwanda. Je n’aurais jamais respecté toutes ces règles, on m’aurait coupé la tête mais au moins je serais rentrée dans l’histoire. »

 

SAMANTHA « Les vaches étaient royales et sacrées. Elles étaient dotées de longues cornes, de poils bruns qui brillaient au contact de la lumière du jour. Leur yeux palpitaient. Elles avaient de longs cils courbés. On aurait dit une créature légendaire qui n’existe que dans les fictions. Après avoir visité le palais royal, il a plu des cornes. »

 

Médiatrice

 

KHEIRA « Nous avons eu un témoignage de Médiatrice, une femme vraiment extraordinaire car c’est une rescapée du génocide et elle a pardonné ceux qui ont massacrés sa famille. »

 

CARLA « C’était horrible et incompréhensible à la fois. Horrible par qu’elle racontait qu’elle devait ramasser les corps de sa famille tués pendant le génocide… et incompréhensible quand elle nous dit qu’elle a pas de rancoeur envers les personnes qui ont tué sa famille. Elle est même arrivé à un stade où elle a carrément dit qu’elle avait de l’amour envers eux. Incroyable. Mais je n’y crois pas vraiment au fond… mais bon. »

 

KHEIRA « Quand je lui ai dit que c’était incroyable ce qu’elle disait et qu’elle était très forte, elle m’a répondu : « On peut tous être forts ! » »

 

A l’hôtel

 

RANIA « Au repas, dans une bonne ambiance, en parlant de nous, Agathe a dit : « De fausses fleurs posées sur une table entourée de jolies vraies fleurs ! ». Ça m’a hyper touché. »

 

PENDA « Elie a lu nos carnets dans une salle. À sa lecture de mes écrits, ça a touché beaucoup de monde : la classe et surtout les caméramans. Bernard est venu me voir les larmes aux yeux en me félicitant, ça m’a vraiment fait plaisir, j’étais impressionnée, je ne savais pas quoi dire. »

 

JOUR 4

 

Murambi

 

AGATHE « Alors que les rires sont en éclats dans les restaurants et les familles d’un pays, la peur et l’angoisse se font ressentir mais restent ignorées de tous. »

 

KIMBERLY « Au mémorial de Murambi, devine quoi ? J’ai appris que la France avait un rôle important dans le génocide des Tutsis, qui était de former les milices à tuer. Et l’armée française qui était sur place au Rwanda jouait au foot sur les fosses communes. Comme s’ils étaient aveugles, ils violaient même les jeunes filles et femmes Tutsis. »

 

AGATHE « J’ai beaucoup de mal à leur faire confiance. Que ça soit à l’armée, au gouvernement, ou même aux hommes tout court. Sauf si je les juge à la hauteur de ma confiance. »

 

YASMINE « Face à moi se trouvait des corps trempés dans la chaux. »

 

RANIA « L’odeur de la douleur et du crime est toujours présente… »

 

ENZO « Au début je croyais que c’était un piège lorsque j’ai vu tous ces corps et la tristesse qui emparait plus de la moitié de la classe. »

 

KENZA « C’est difficile de voir la réalité en face. C’est à partir de là que j’ai fendu en larmes. »

 

PENDA « À ce moment là, j’ai bien compris la différence entre expliquer à quelqu’un ce qui se passe pendant le génocide et être sur les lieux. »

 

YASMINE « Dans la chambre en face de moi se trouve un nourrisson et lorsque Mme Gilardi m’a dit qu’elle a été violée, j’ai tout lâché. Tout ce que je ressentais en moi a disparu, tout est sorti. J’arrivais plus à me contrôler. »

 

AGATHE «  Toutes les filles ont pleuré ou presque. En tout cas, la majorité. Je me suis senti seule. Je me suis dis, mot pour mot : « Merde, je suis vraiment une personne horrible. »

 

YOUNES « Je voyais les autres pleurer, je les ai laissés seuls. Souvent, quand ils pleurent les gens ont envie d’être seuls. Moi, je sais pas. Ça fait longtemps que j’ai pas pleuré. »

 

CHAHIDA « Je suis témointe de ces massacre en masse, de ce génocide. Je partagerai ça avec mes grands frères, c’est sur. J’ai envie qu’ils soient horrifiés comme je l’ai été. Mais c’est de la bonne horrification . »

 

KIMBERLY « Ce qui m’a le plus touché c’était de voir Phiston qui était souriant alors que c’est un rescapé. »

 

SANDRA « On oublie trop souvent de parler de Fiston et Ernest, nos guides. Ils assurent toujours, ils sont avec nous de minuit à minuit et ils sont payés misère. »

 

KIMBERLY «  Il avait trois ans, ses parents sont morts devant lui et il n’a aucun souvenir d’eux. Je me demande ce que lui ressent vraiment. De savoir s’il cache quelque chose qu’il ne veut pas montrer. C’est peut-être sa façon à lui de se protéger de cette colère et se contrôler.  »

 

DALILA « Des femmes qui passaient le ballet dans le jardin du musée se sont arrêtées. Une des deux femmes a posé son ballet et m’a pris dans ses bras pour me réconforter alors que c’était moi qui était censée être là pour elle. Je pleurais des rivières. Sa voix était si douce qu’elle arrivait à me calmer. »

 

CASSIA « J’ai eu l’impression que ce câlin durait une éternité tellement ils étaient sincères. »

 

KHEIRA « Elles nous faisaient des câlins pour nous réconforter mais sans doute pour se réconforter elles-même. »

 

DALILA « Ces rescapées, c’est un exemple pour moi. Elles représentent vraiment la définition du mot « femme » : forte, courageuse, attentionnée. Avant que je parte elle a dit à Ernest « Cette fille, si elle se marie, je veux être au courant. » »

 

CASSIA « J’ai dis à Phiston : « Dis leur que ce sont des femmes fortes, extraordinaire, exemplaires, qui ne méritaient pas de vivre une telle atrocité. Je n’oublierai jamais ce moment passé avec elles. »

 

CHAHIDA« J’ai pu assister à une figure du style en réalité : l’antithèse. Comment ça ? Le génocide dans des salles alors que dehors la vue et impressionnante. Je suis contente et malheureuse d’avoir eu la chance d’y assister   »

 

KENZA « Au final, je regrette d’avoir pleuré car moi j’ai juste vu des squelettes alors que certain l’on vécu. »

 

YASMINE « On va essayer de tout faire pour pas que ça recommence. Si on comprend les choses, certains le peuvent aussi. Sinon, toutes les émotions et les sentiments ne sont pas d’une grande utilité. »

 

KITABI ET CIEL ETOILE

 

LUCIE « Ensuite nous sommes allés à l’hôtel car l’hôtel est tout proche d’une usine à thé (Kitabi Tea company). Le moment où on a vu des corps au mémorial est revenu dans ma tête mais toujours pas de larmes. Je regarde devant moi. Je ressens de la haine envers les Hutus tueurs. »

 

SAMANTHA « On était sous un ciel sombre. Lorsque je regardais ce ciel au dessus de moi, mes yeux se mettaient à briller. Ils palpitaient. Il y avait des étincelles dans mes yeux grâce à ces flammes dans le ciel. Ces sources de lumière illuminaient le ciel de façon à l’embellir. Ce ciel étoilé se trouvait juste au dessus du chemin que l’on prenait. C’était comme s’il y avait un chemin d’étoile dans le ciel qui était parallèle au chemin sur terre. Sur les extrémités se trouvaient des étoiles éparpillées et plus petites. La lune dominait le ciel. C’était un croissant de lune précisément défini. De plus, il y avait un filtre blanchâtre qui voilait les étoiles de façon élégante. La lumière des étoiles reflétait ce voile et ainsi que mes yeux. Je n’avais jamais vu autant d’étoiles dans un même couloir, et si proches, si grosses, si magnifiques. Elles brillent de mille feux comme des diamants dans le ciel. Je voulais en attraper une mais j’étais bien trop petite, le monde est trop grand. C’était le seul souvenir que je voulais ramener du Rwanda mais impossible de décrocher une étoile. »

 

JOUR 5

 

NYUNGWE

 

CARLA « Cette nuit n’était pas trop top. Dans ma chambre d’hôtel, il y avait des insectes de partout, araignées, frelons, moustiques etc. Mais bon, j’ai réussi à prendre sur moi pour une nuit. »

 

AGATHE « Est-ce que la paix est éternelle ? Non, car la différence est éternelle mais qu’elle n’est pas souvent acceptée par autrui. J’ai pu le remarquer aujourd’hui car entendre qu’il y a trop de moustique dans cette forêt ou trop de boue… Normal, venant de gens comme nous qui viennent d’un pays pas trop boueux. »

 

NAOMIE « Aujourd’hui, c’est direction la forêt au parc national de Nyungwe. Le guide nous a dit que la marche durerait deux heures, il nous a aussi passer un bâton en bois pour éviter de glisser. »

 

AGATHE « Le paysage de cette forêt était magique et très vert kaki. »

 

CARLA « Tous les bruits naturels, les chants d’oiseaux, le bruit des insectes, rajoutaient un charme en plus à cet endroit. On s’y sent bien… »

 

NAOMIE « Notre objectif c’était de voir des singes et pour les voir il ne fallait pas faire de bruit. Vraiment pas. Personne parlait car on avait tous l’envie de voir les singes. »

 

SANDRA « On a réussi à voir que des oiseaux. Des oiseaux pour moi, qui venaient d’un autre monde, un monde magique, plein de couleurs. Ils étaient rouge, bleu, ou même tout vert et j’en passe… Ils chantonnaient des chansons… alala… tellement apaisant. Il y avait beaucoup de fleurs aussi, j’étais époustouflée. J’en ai même oublié que j’étais la cible d’une colonie de fourmis. »

 

NAOMIE « Au bout d’une heure environ, il y avait un point d’accro-branche qui bougeait et qui était vraiment super haut. »

 

KENZA « Le pont bougeait comme un bateau au milieu d’une tempête. »

 

NAOMIE « Je me suis mise à pleurer de nerf, car je sais si je le faisais pas, de retour en France, j’aurais regretté. Je suis donc passée en dernière accompagnée du guide qui m’a rassurée tout au long de la traversée. Derrière moi, j’entendais Mme Boutin qui avait peur aussi. Du coup j’étais de plus en plus en confiance sur ce pont. »

 

LUCIE « J’ai pensé à toi quand j’ai traversé les deux ponts car c’est toi qui m’encourage tout le temps dans la vie et donc, grâce à toi, je l’ai fait. »

 

NAOMIE « Finalement, on a pas vu les singes. »

 

YASMINE « J’ai beaucoup ri. C’est peut-être pour ça qu’on ne les a pas vu. »

 

LES COLOBES

 

RAYAN « Finalement, on les a vu. Mais ailleurs. »

 

CARLA « Les colobes sont plutôt marrants avec leurs têtes rondes, ils ont des poils tout noir, les yeux ronds et noirs aussi avec seulement le long du bas du visage blanc. Comme s’ils avaient une barbe. »

 

AGATHE « Avec leurs belles fourrures tels de grands juges avec leur perruques blanches, ils jouent ou se mettent en garde par rapport à leur territoire. »

 

KIMBERLY « Leur cris ressemblent à ceux du cochon à un moment. »

 

RANIA « Et en fait, les singes, ils ont en rien à foutre des bananes. »

 

JOUR 6

 

Sur le lac Kivu

 

YOUNES « La journée la plus chargée en émotion pour Younès était celle de son anniversaire le 15 mars car j’ai fêté mes 17 ans au Rwanda. Tout d’abord, le matin, la balade sur le lac Kivu fut incroyable car la mer était d’un bleu scintillant, les vues indescriptibles par leurs beautés. »

 

KIMBERLY « Il avait de très belles couleurs comme les arbres vert pomme, l’herbe couleur menthe et les troncs d’arbre couleur châtaigne. »

 

LUCIE « J’ai vu l’eau bleu-vert. Non. D’un puissant bleu-vert. »

 

CHAHIDA « Glaz. C’est Elie qui m’as appris ce mot qui désigne la couleur de la mer qui est entre le vert et bleu, il a l’air content de nous avoir appris ça »

 

KIMBERLY « C’était l’Eldorado. »

 

KENZA « La douceur de cette eau calmait les tonnerres de mon coeur. »

 

CHAHIDA « Le bruit de l’eau chuchote dans nos oreilles et demande le silence a chaque fois que le moteur accélère. Il crie très violemment avec un son aiguuuu : chhhhhhhhuuuut. Quand le moteur s’arrête, l’eau s’arrête de demander le silence, l’écume s’atténue. »

 

CASSIA « Plus haut sur une colline, un homme en chemise blanche perdu dans ce vaste lieu. Cet endroit relaxant me permet de m’évader, réfléchir et de vider mon esprit de toutes ces choses négatives mais aussi de me construire des souvenirs inoubliables. J’observe plusieurs îles posées délicatement sur cette eau calme dégageant leur authenticité. On arrive aussi à deviner le bien-être de cet endroit autant par la qualité des arbres émeraudes que les animaux plein de liberté. Cette air pur m’oxygène les poumons et me caresse la peau bronzée. »

 

DALILA « Je suis entourée de beaucoup de gens dans ce bateau mais pourtant j’ai l’impression d’être seule, seule face à la grandeur du monde. »

 

LUCIE « J’ai pensé à ce moment que nous sommes vraiment une classe exceptionnelle.»

 

Au lycée

 

YOUNES « La balade terminée, on s’est rendu dans une école. »

 

RANIA « Les élèves de ce lycée nous on accueilli avec une chanson et une danse j’étais hyper émerveillée par la joie que nous donner ces jeunes Rwandais alors que nous en France on a jamais accueilli des personnes comme cela. »

 

ENZO « Dans cette école, 3 jeunes ont fait un acte de bravoure mémorable. »

 

KIMBERLY « On les a obligé à se séparer : d’un côté les Tutsis et de l’autre les Hutus. Mais ils ne voulaient pas, ils disaient qu’ils étaient tous Rwandais. »

 

KHEIRA « Je me sentais mal et oppressée. Des élèves de mon âge se sont sacrifiés pour se sauver. »

 

KIMBERLY « Je me suis demandé : moi, si je serais à leur place, j’aurais fait quoi ? Mais je ne peux pas répondre car je ne vis pas cette situation.. »

 

YOUNES Après leur avoir rendu hommage, un match de basket a eu lieu où j’ai a fait quelques minutes. Mais le meilleur reste a venir car quelques instants plus tard a eu lieu un match de foot où tout le village, c’est à dire 2 000 personnes, ont regardés la STMG3 jouer. »

 

NAOMIE « 2000 personnes, juste pour nous, de simples élèves de première STMG. J’étais à la fois contente, excitée, choquée, j’avais plein d’émotion à la fois tellement c’était fou. »

 

KIMBERLY « Je ne suis pas une star, je suis personne moi. »

 

RANIA « On nous attendait comme les joueurs de l’équipe de France ! Tout le village était là quoi c’était impressionnant, frissonnant, touchant ! Mais une chose m’a très vite énervé les joueurs rwandais ne passer pas du tout la balle on aurait dit qu’il ne faisait pas confiance au fille qui jouer au foot. »

 

YOUNES « Et le premier but fut marqué par Younes ! Intense joie ! »

 

YASMINE « C’est le plus beau souvenir que vous pouvez vivre. »

 

YOUNES Même au jour d’aujourd’hui, quand on en discute, on ne se rend pas encore compte de cette chance d’avoir fait ce voyage. »

 

CARLA « Moi je suis restée dans les tribunes avec une petite fille dont j’ai fais la connaissance. Elle m’a dit. « Je suis vraiment contente de t’avoir connu et très heureuse que tu sois ici avec moi. ». »

 

CHAHIDA « Elle avais une jupe marron et une chemise bleu. Je lui ai mis la bague au doigt et lui ai dit de jamais l’enlever. Elle me répétais « yes yes » à chaque phrase. Je ne crois pas qu’elle a compris. En espérant qu’elle se souvienne de mon visage et qu’elle garde cette bague qui est importante pour moi. Avant de partir, j’ai précipité mon regard vers ses petites mains sublimées par ma bague qui est maintenant notre bague. »

 

Emilienne et les femmes

 

YOUNES « Ensuite la classe a rendu visite à des femmes qui ont subi des viols lors du génocide. Là c’était très dur pour Younès car le connaissant je crois c’est ce qui l’a le plus affecté du voyage.

 

KHEIRA « Voir ces femmes autant soudées et aussi proches les unes des autres m’a montré à quel point le monde peut-être étrange. D’un côté il y a ces femmes qui nous connaissent pas mais qui nous portent tant d’amour et de l’autre, un monde qui se dit que la bonté et la gentillesse ne servent à rien. Ce monde là est égoïste.»

 

NAOMIE « Au début, elles partageaient leurs peurs, maintenant elles fabriquent des objets puis les revendent. »

 

SANDRA « L’une d’elle a un enfant de bourreau et elle reste forte. Elle a refait sa vie et a eu d’autre enfants. J’avais les larmes aux yeux elles racontaient leurs histoires avec une telle douceur. »

 

YOUNES « Après ces difficiles témoignages une petite surprise m’attendait car toutes les femmes, mes camarades et mes professeurs ont chantés « Joyeux anniversaire » ce qui m’a fortement touché. »

 

LUCIE « On a fait des câlins aux femmes et on a prononcé une phrase : « Tu n’es pas seule ». »

 

YOUNES « Arrivé le soir, les camarades de Younes se sont tous réunis dans la chambre de Cassia et Dalila et lui ont fait un petit apéritif et lui ont offert le maillot du Rwanda. Ce cadeau m’a rendu encore plus heureux. »

 

KHEIRA « On a eu le droit à un coup de gueule venant de la part de Fred qui devait être fatigué mais pour nous on avait pas fait de bruit. On est capable de beaucoup mieux. »

 

JOUR 7

 

Akagera

 

MAEL « C’est un parc national à la frontière avec la Tanzanie. »

 

YOUNES « On a vu des zèbres »

 

KHEIRA « Des babouins, des singes d’éthiopie, des impalas »

 

KENZA « des merles métalliques, des antilopes Kobe »

 

AGATHE « des buffles, des hippopotames, un phacochère »

 

MATHILDE « un crocodile, des zèbres, un héron »

 

RAYAN « des aigles pêcheurs. »

 

SAMANTHA « Des éléphants »

 

CHAHIDA « Il était caché derrière un arbre est honnêtement ça m’a pas impressionné »

 

RAYAN « Et des girafes qui ont mit Naomie en transe. »

 

NAOMIE « Une girafe ! Je vois une girafe puis plusieurs girafes ! J’étais trop contente parce que depuis petite, la girafe c’est mon animal préféré. En plus, les girafes ont des pelages différents. »

 

LUCIE « Quand Clémentine, la guide, a dit qu’il y avait 300 Lions avant et que maintenant il y a que 24 lions, cela m’a écoeuré. À ce moment là, je haïssais les braconniers comme les Hutus tueurs.»

 

CHAHIDA « De longue tige d’herbes semblable à la couleur des feuilles d’automne, je crois qu’elles commencent à vieillir. Mélangées à des longues tiges d’herbe vertes qui on l’air d’être jeunes. La plupart des arbres ne sont pas grands par contre les arbres n’ont pas l’air vieux. C’est la deuxième fois qu’on aperçois les impalas. Elles on un menton noir qui se démarque de leur teint capuccino. La sensation que j’ai eu lorsque j’ai sorti ma main du bus pour toucher les plantes était banale, je pense que je m’attendais à plus je comprends pas pourquoi. »

 

YASMINE « On s’est sali de boue, de poussière et de terre, c’était vraiment horrible, on était vraiment affreuse mais bon c’est une chose qu’on vit une seule fois dans sa vie. »

 

Retour à Kigali

 

RANIA « Un moment on se retrouve dans un village pommé et devinez quoi : les roues des 2 bus se sont dégonflées. Les chauffeurs on vite fait le travail mais en attendant nous avons dansé, joué, rigolé, chanté. C’était le moment le plus triste pour moi car je me disais que c’était déjà la fin… »

 

CARLA « On voit un pauvre monsieur pousser seul un vélo rempli de buche de bois hyper lourd, il avait beaucoup de mal en plus c’était une montée. Il transpirait beaucoup ! Alors Mathilde, Sandra et moi on a décidé de l’aider à monter. »

 

DALILA « Les profs râlaient elle avaient peur qu’on rate l’avion. Pour une fois que ce n’était pas les élèves qui râlaient, c’était plutôt drôle à voir.  »

 

PENDA « Dans un bouchon, on a aperçu deux hommes, l’un prenait l’autre par le cou pour l’étrangler. Ça faisait vraiment peur. »

 

CARLA « Trop de choses inhabituelles ont retardé le vol. Comme cette roue qui a crevé, le safari qui a fini avec 2h de retard, le chauffeur qui se trompe de direction… Enfin bref ! Je suis pas du genre à croire aux superstitions mais là j’avais peur. Je le sentais pas ce vol.  »

 

NAOMIE « À l’aéroport, nous, les élèves, nous avons remercié les profs du projet parce qu’elles se sont cassé la tête pour que l’on puisse faire ce voyage et je les remercie encore. »

 

PENDA « Malabero, morakose Rwanda. »

 

KENZA « On s’endort dans l’avion. »

 

CARLA « Et d’un coup, beaucoup de turbulences, l’avion lâche et se relève 3 secondes après. Quand t’es flippée c’est une éternité. Je me mets à pleurer de toutes mes forces. Math me prends dans ses bras. Je l’entendais crier sur Rayan en lui disant d’attacher sa ceinture. Je voyais ma vie défiler, je me sentais pas bien, j’avais des fourmis dans les mains, dans les pieds et dans la poitrine. Je commençais à faire une crise de panique. Derrière moi, Rani est tombée dans les pommes, Chaida lui récitait le Coran…»

 

YOUNES « Ce voyage fut très fort en émotion. Il restera jamais graver dans ma poche arrière. »

 

LE RETOUR

 

RANIA « Mon salon le tapis m’avait tellement manqué, l’odeur du javel aussi, d’ailleurs. Tu sais quoi j’avais une faim d’ogre je voulais juste boire du jus, manger du pain avec du fromage, de l’avocat, du poulet, boire l’eau du robinet… »

 

KIMBERLY « L’eau potable est une véritable source d’or. »

 

YASMINE « Je n’ai pas assez profité, je regrette »

 

LUCIE « Pour moi, tout le monde est encore en train de méditer sur le Rwanda. Surtout moi. Aujourd’hui, j’ai craqué, pleuré de tout ce que j’ai vu là-bas. Tout est sorti aujourd’hui.»

 

KHEIRA « Lorsque l’on me demande de raconter, j’essaie du mieux que je peux mais avec tous les mots et toutes les photos du monde, je n’arriverai jamais à leur transmettre ce que j’ai vécu. »

 

RANIA « Ici je vois la mer bleue, un ciel bleu, le soleil, quelques montagnes »

 

MAEL « Des bâtiments, des HLM, beaucoup de voitures, beaucoup de routes, un tram »

 

ENZO « Des bus, des pigeons, des mouettes, des avions… »

 

RANIA « Je vois pas les collines vertes, les oiseaux de toutes races, je ne vois pas de petits-enfants qui vont travailler. »

 

CASSIA « Je vois pas les femmes qui portent des paniers de fruits sur leur tête. »

 

RAYAN « Je ne vois pas de moto taxis, je ne vois pas la terre rouge africaine, je vois pas les bananiers. »

 

KENZA « Je vois pas les champs de maïs, je vois pas les gens travailler dans les champs avec leur machette. »

 

SANDRA « Je vois pas Fiston, je vois pas Ernest. 

 

MATHILDE « Je ne vois pas ce sourire d’enfant lorsqu’on on leur dit bonjour. »

 

RANIA « Je crois que ça s’appelle la nostalgie ou le mal du pays. »

 

Kigali, le 9 Mars – Nice, le 6 Mai 2019

 

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